Hataaye e Moritani : gollal renndo, pinal e ñaamdu. (Peul). Ataaya ci Mauritanie : jëf ci askan wi, ci cosaan ak aada ak ci wàllu regime. (Wolof). Hataaye Moritani: Kaho fi / hi, naamen hi a do mini fo / ho. (Soninke). الشاي في موريتانيا: ممارسة اجتماعية وثقافية وغذائية Le thé en Mauritanie : une pratique sociale, culturelle et alimentaire. (Fr).

À la suite du premier article consacré au thé, il me semble important d’y ajouter d’autres éléments, compte tenu de la place qu’il occupe dans la vie quotidienne des Mauritaniens.

Parmi les expressions célèbres associées au thé, on peut citer « Soubb laate kubb » (« sers, ne verses pas »), « Suran sonbi » (« la bouillie des Maures », « Ataay bilaa nanaa kif rajil bila kraa » (« un thé sans menthe fraîche, comme un homme sans pied »), ou encore « Ataay bilaa nanaa kif klaam bila maanaa » (« un thé sans naana, comme une parole sans sens »).

D’autres expressions sont directement liées à la préparation du thé : « Tisallen jogi » (« monte la théière au feu »), « defal » ou « deffe ataaye », « wargan xaata » (« faites bouillir le thé »), et « haa taaya » (« jusqu’à ce qu’il bouille »).

Dans certaines familles, on trouve même des prénoms féminins comme Hataaye, qui témoignent, d’une certaine manière, de la place particulière du thé dans la culture et la vie sociale ou une simple coïncidence, je me demande.

Une histoire vraie raconte qu’un vieillard fut un jour conseillé par un médecin d’arrêter de boire du thé. Le vieux répondit alors à son entourage, sur le ton de la plaisanterie : « C’est ce docteur qu’il va quitter ! » Autrement dit, plutôt que d’abandonner le thé, il préférait se passer du médecin ! Une autre anecdote raconte qu’un vieillard, lorsqu’il prend son verre de thé, le porte d’abord à son front avant de se mettre à réciter les versets du Coran qui parlent des verres. Ces anecdotes illustrent, avec humour, jusqu’à quel point le thé peut être intégré aux habitudes, aux représentations et même à l’imaginaire quotidien.

Les variétés du thé vert et l’évolution des marques.

Concernant les qualités et les variétés du thé vert consommé en Mauritanie, il n’existait autrefois qu’une ou deux marques principales, notamment Huit Mille et Gros Grains. Aujourd’hui, de nouvelles marques apparaissent presque chaque jour, avec des logos, des appellations et des noms locaux.

Certaines de ces marques occupent désormais une place importante dans la publicité. Les goûts et les couleurs varient selon les marques, mais aussi selon la durée de préparation. Certaines marques, en effet, peuvent avoir un goût agréable au début, puis perdre progressivement leurs qualités gustatives.
Le goût du thé est également influencé par la cuisson des feuilles ainsi que par les différents ingrédients qui y sont ajoutés, notamment la menthe fraîche.

Cette dernière est tellement recherchée par les Mauritaniens que, pour certains consommateurs, le thé ne peut tout simplement pas être préparé sans elle. Il fut même un temps où la menthe était importée des pays voisins. Depuis lors, sa culture s’est développée et a été organisée de manière à réduire les risques de rupture d’approvisionnement.

Certains carrefours sont ainsi occupés par des vendeurs qui exposent leur menthe à la vente. Cette activité constitue un petit commerce très visible dans les rues et participe-t-elle aussi à la vie quotidienne autour du thé.
D’ailleurs, il existe même un film cinématographique arabe qui s’inspire de cette catégorie de population pauvre vivant et travaillant dans la rue. Les vendeurs courent vers les voitures pour proposer leurs produits et se disputent même parfois entre eux. Le film raconte l’histoire d’une fille atteinte de surdité et de mutisme.
Il existe plusieurs variétés de menthe. Parmi les plus répandues en Mauritanie, on trouve, selon les appellations locales : ordinaire, spécial, Cheikhna, Gungume, etc.

Le thé partout dans la vie quotidienne.

Le thé est visible partout, y compris dans des lieux où sa préparation peut présenter certains dangers, comme dans les voitures en circulation, dans de petits bureaux ou encore dans des espaces très réduits.
Heureusement que les gens le boivent dans des verres ; sinon, il y aurait des milliers de pots, comme il y a des dunes de sable ! On pourrait presque faire le même constat avec les gobelets jetables utilisés dans les cafés et les bouteilles d’eau que l’on retrouve partout.

Le thé occupe ainsi une place considérable dans la commensalité, c’est-à-dire dans les pratiques de partage et de convivialité autour de la nourriture et des boissons. Il ne s’agit donc pas seulement d’une boisson : sa préparation et sa consommation constituent également un moment de rassemblement.
Selon une expression, le thé attire la foule. Cette expression résume assez bien la fonction sociale du thé : dès qu’il est préparé, les gens se rapprochent, discutent, échangent et partagent un moment ensemble. Ici, c’est le contraste. Au lieu de stimulation mentale, il produit l’oisiveté.

Le thé, le sucre et les questions de santé.

Pour finir, le thé vert est souvent considéré comme l’une des boissons intéressantes pour la santé. Beaucoup de Mauritaniens ont assimilé l’idée que le sucre ne doit pas être réchauffé directement avec le thé.
Cependant, beaucoup de consommateurs n’ont peut-être pas encore suffisamment pris conscience que la quantité de sucre consommée elle-même peut constituer un problème de santé.

Si l’on se réfère aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la consommation de sucres libres devrait être limitée à environ 25 grammes par jour pour bénéficier de certains effets supplémentaires sur la santé. Ça se comprend dans la mesure où il y a beaucoup des produits agroindustriels qui contiennent des sucres pour la conservation, sans beaucoup des consommateurs ne fassent attention. 25 grammes consommés par jour valent à 7,5 kg / mois et 90 kg / an. Il y a du quoi à faire attention au sucre. Mais pas aussi trop moins. Le milieu c’est l’idéal.

Il est donc important de ne pas seulement se préoccuper de la manière dont le sucre est ajouté ou chauffé avec le thé, mais également de la quantité totale consommée.

Parmi ses bienfaits, il est riche en catéchines et antioxydants (elles contribuent à lutter contre les inflammations, les difficultés de certains fonctionnements comme les cœurs, les poumons, et autres comme un remède contre le vieillissement) aide à une bonne gestion contre la dyspepsie, peut augmenter l’effet des collagènes pour la protection de la peau. Et à soutenir la stimulation et la vigilance mentale.

Pour les méfaits, il peut aggraver la situation de celui qui souffre d’anxiété, d’insomnie, ou sensible à la caféine. Il est déconseillé pour le cas d’ulcères gastriques, gastrite ou reflux sévère, hypertension non contrôlée, et maladies hépatiques sans avis médical.
Selon un article de Jean Sovon, rapporteur du journal Global Voices, le Dr Sidi Ould Zahaf expliquait en 2010 que, chez les personnes diabétiques, notamment en cas d’anémie, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance cardiovasculaire, le thé était souvent déconseillé.

La question qui se pose alors est de savoir si ces recommandations sont réellement respectées. Pour un Mauritanien, cela peut être difficile, compte tenu de la place du thé dans les habitudes quotidiennes. Comme le disait le témoignage rapporté dans l’article : « On aurait préféré une autre prescription ! »


Il faut toutefois préciser que certains des problèmes évoqués dans ce témoignage ne sont pas nécessairement liés au thé lui-même, mais peuvent également être associés à la quantité de sucre consommée et, plus largement, aux habitudes alimentaires.
Les alertes concernant les pesticides.


En 2021, plusieurs alertes ont été données concernant une possible contamination des feuilles de thé par des pesticides dans le pays. Plusieurs analyses ont alors été effectuées afin de vérifier la présence éventuelle de substances nocives. Selon le site Mauriweb, en juin 2024, le Dr Mohamed Baba Saïd, chimiste mauritanien et professeur de chimie à l’Université Clermont-Ferrand en France, estime que les résultats confirment la présence de substances nocives.


Cette question mérite donc une attention particulière, surtout lorsqu’on sait à quel point le thé est consommé quotidiennement en Mauritanie. Plus une boisson occupe une place importante dans les habitudes alimentaires d’une population, plus il devient nécessaire de s’intéresser à sa qualité, à son origine, à ses conditions de production et aux éventuels produits utilisés lors de sa culture ou de son traitement.

Les importations de thé.

La Mauritanie aurait importé de Chine, en 2024, selon les données de l’OEC, plus de 15 000 tonnes de thé, pour une valeur de 66,4 millions de dollars. Cela représenterait environ 3 kg par personne, si l’on rapporte cette quantité à la population du pays. La part des enfants et des abstinents est consommée par les grands amateurs et les passionnés. Ils sont qualifiés pour avoir des robinets du thé vert chez eux. Ce volume aurait augmenté de 26 % en 2025, selon le journal Odemta.
Parmi les grades achetés figurent notamment Gunpowder 3505 et Gunpowder 9375.
Ces chiffres montrent l’importance économique du thé pour la Mauritanie, mais aussi l’importance de cette boisson dans les habitudes de consommation de la population.

Cependant, sur les boîtes de thé commercialisées en Mauritanie, on ne trouve pratiquement aucune information détaillée, en dehors du nom de la marque commerciale, de l’image du produit et des dates indiquées sur l’emballage.
Cette situation soulève plusieurs questions : quelle est exactement l’origine du thé ? Dans quelles conditions a-t-il été cultivé, récolté et traité ? Quels produits ont été utilisés au cours de sa production ? Quels sont les contrôles effectués avant son importation et sa commercialisation ?

Compte tenu de la place exceptionnelle qu’occupe le thé dans la vie quotidienne des Mauritaniens, ces questions méritent d’être posées. Le thé n’est pas seulement une boisson : il est devenu un élément de la convivialité, de la sociabilité, de la culture et des habitudes alimentaires. C’est précisément pour cette raison que sa qualité et sa sécurité sanitaire devraient faire l’objet d’une attention particulière.

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Ets Qaramoxo Guidado
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Qaramoxo Guidado est un établissement Mauritanien spécialisé dans la prestation de services psychologiques, linguistiques, la consultation, l’accompagnement psychologique, la formation, la traduction et interprétariat. Basé à Nouakchott (TEVRAGH ZEINA SOCO PK EXT LOT N° 0004), l’établissement Qaramoxo Guidado est un espace d’écoute et de soutien pour aider à surmonter les défis personnels et renforcer votre bien-être mental.

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